Good (mood) food

Avant l'ouverture d'un restaurant, les questions fusent et des choix se posent. Pour nous, le choix le plus laborieux a été celui du nom, qui nous a pris des mois et a fait l'objet de mille allers-retours, de sessions de brainstorming et d'arrachage de cheveux. Jusqu'au moment où on a opté pour un nom qui nous parle et qui nous évoque une histoire plutôt qu'un nom qui, avec le temps, risquait de perdre son sens. Pour ceux qui ne le savent pas, Mile End est un quartier de Montréal où nous avons habité et où a germé l'idée d'ouvrir un restaurant.

Et puis, il y a eu la baseline et le casse-tête a repris. Mais tout à coup, il nous a paru évident de choisir "Good mood food". Parce que pour nous, l'essentiel est de vous rendre heureux en proposant des plats savoureux dans un lieu décontracté.

Alors quand on a appris qu'un label Good Food allait être lancé par Bruxelles Environnement, on s'y est tout de suite intéressé parce qu'enfin l'alimentaire serait pris publiquement en compte dans la problématique environnementale.

La redéfinition du mot "bon" est importante. Le bon, ce n'est pas seulement le goût. C'est aussi un parcours de la terre à l'assiette.

Le label Good Food permet de lever le rideau sur l'arrière-scène alimentaire. Et derrière ce rideau,  il y a des abattoirs dégueulasses, des tonnes de lait invendues, des agriculteurs exploités, des terres appauvries, des industriels aux dents acérées. On aura vite fait de crier: "Rideau, s'il vous plaît!". Il n'en reste pas moins que c'est une réalité. On est donc contents d'aider les petits, les coopératives et les artisans.

On soutient donc ce label parce que tout ce qui a trait à l'Environnement (avec tout ce qu'il englobe et un grand E) nous tient à cœur.

Dans un premier temps, le label a été décerné aux cantines publiques et privées. Cette année, la première édition pour les restaurants a vu le jour. Une quarantaine de restaurants ont été retenus. Cette sélection se base sur des critères différents (provenance des aliments, utilisation de légumes de saison, recyclage des déchets, etc.). Sur base de ces critères, sont décernés des toques, de une à trois. Nous en avons reçu une et avons la motivation d'augmenter ce chiffre.

Concrètement, à ce stade, nous proposons des légumes bios (pour la plupart) et de saison, de la viande élevée et nourrie dans des conditions humaines (sauf le poulet, qui est belge mais pas bio, ni label rouge pour le moment!). Chaque jour, Cyprien façonne des pains avec de la farine bio de la Ferme Baré (Province de Namur). Nous travaillons avec des quantités limitées parce que nos produits sont frais et que le gaspillage n'est pas notre dada.

Dans une démarche durable, un des enjeux indéniables est le zéro déchet. Philosophie de plus en plus présente dans plusieurs restaurants, dont notre petit favori à Bruxelles, avouons-le, Bouchéry, qui s'est vu lui aussi attribué le label. Bien mérité, vu que son chef va cueillir les herbes dans la Forêt de Soignes, affine les fromages lui-même et composte dans son propre potager! On est dans du haut niveau culinaire, un vrai régal pour les papilles. Bref, vous aurez compris, on vous conseille d'aller vous installer dans ce cadre sobre et maîtrisé le temps d'une soirée.

Dans l'optique zéro déchet, nous utilisons des emballages recyclés et poussons les clients à amener leur propre récipient pour l'emportée. Nous vendons des cups de café réutilisables sans BPA et des lunchbox Tiffin. Notre dernière découverte est l'emballage pour sandwich réutilisable de RollEat, le Boc'n Roll. Ce petit nouveau est super pratique, léger, facilement pliable et nettoyable. En plus, on aime les coloris proposés !

 

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Vous pouvez aussi le faire vous-même avec de la cire d'abeille via les nombreux tutoriels disponibles sur le net ou même en version végan.

Dans un futur proche, nous visons plus de recyclage et du compostage. Prendre place dans un circuit d'économie circulaire nous intéresse aussi. Voilà nos objectifs zéro déchet pour les prochains mois !

Et comme le zéro déchet est un mouvement, on vous souhaite de faire de même à la maison en réduisant le plus possible les déchets inutiles. Après les sacs, vous vous attaquerez aux contenants en plastique de votre cuisine ou salle de bain et une spirale s'instaurera, en douceur, sans jugement.

Notons que cette année, les mesures anti-plastique émergent (les sacs, les pailles). N'oublions pas que la Chine refuse depuis le début de l'année de s'occuper de nos déchets (triés, recyclés, incinérés ou enfouis). On est tenté d'y voir un lien de cause à effet... Mais ne soyons pas cyniques, la pression économique est parfois bénéfique. Et tant mieux, si elle peut forcer l'Europe à instaurer de nouvelles mesures.

On en profite pour parler de la belle invention du jeune Boyan Slat, Néerlandais dont le projet Ocean Cleanup pour le nettoyage des plastiques dans l'océan verra bientôt le jour dans l'Océan Pacifique! On est ravis quand une nouvelle de ce type nous arrive aux oreilles !

On dirait que la mode du plastique (fait à partir de pétrole, rappelons-le), c'est bel et bien fini (en tous cas en Europe). Houra! Voilà de quoi nous mettre de bonne humeur !

 

 

 

 

 

sophie courouble